29 novembre 2011
Réflexions en bas-de-casse
La semaine dernière, rendez-vous chez la dentiste qui remplace celui qui me suivait depuis quelques mois, mais que je n’avais pas revu depuis mars, et qui est, depuis, parti vers d’autres aventures (Britney Spears – dont il m’avait confié être honteusement fan – à fond les écouteurs j’imagine). Je lui explique la situation, car certaines règles particulières d’hygiène s’imposent, ainsi que certains traitements antibiotiques en préventif. Donc je fais le laïus habituel – Hodgkin en 2001, infarctus en mars, suffisamment grave pour qu’on me greffe le mois suivant, etc. Elle arrête de prendre des notes et me regarde avec des yeux comme des billes : « Mais on vous a greffé de quoi ? » Ca m’a fait rigoler. L’un des pharmaciens de l’officine m’avait fait le même coup, alors qu’il avait vraiment tous les indices à sa disposition, là sur l’ordonnance… C’est amusant de voir les mécanismes de résistance à l’œuvre.
Je fais depuis quelques temps des rêves érotico-sentimentaux mettant en scène des Indiens (d’Inde) – à moins qu’ils ne soient pakistanais. Je dois avouer que c’est assez délicieux, mais cette répétition m’intrigue. Est-ce parce que j’ai toujours trouvé très charmant l’un des serveurs du restaurant indo-pakistanais à côté de chez moi – bien qu’il ait la même coupe de cheveux qu’Ahmadinejad (*) ? A moins que… à moins qu’il ne s’agisse d’une preuve supplémentaire du principe de mémoire cellulaire… A coup sûr, on m’a greffé le cœur d’une princesse indienne, ce qui explique aussi pourquoi je suis de plus en plus gracieux à mesure que les jours passent... Elle devait toutefois avoir un pied-bot : la chorégraphie bollywoodienne, c'est pas pour demain. Mais bien d'autres espoirs sont permis, ainsi que me l’a suggéré un échange de regards (vous savez, on se croise, on échange un regard, on compte jusqu’à cinq, on se retourne encore) rue du faubourg Saint-Denis, en revenant justement de chez ma dentiste.
Je reprends le travail en janvier (techniquement, c’est même en décembre, mais je pose des congés). Ca m’a tellement euphorisé qu’en l’apprenant, j’ai dû immédiatement me remettre sous Ksanaks… Je sais ce que je dois à ce travail sur le plan de la santé… La bonne nouvelle, c’est que c’est dans le cadre d’un mi-temps thérapeutique. J’ai envoyé un courriel à mes supérieurs hiérarchiques pour leur expliquer assez ironiquement – mais fermement – qu’un temps de travail réduit à 50 % était bien entendu calculé sur la base du temps légal de travail et non sur la base des heures que j’effectuais effectivement auparavant. Certains de mes proches s’inquiètent de me voir retrouver ce boulot auquel j’ai sacrifié beaucoup de temps, d’énergie et de patience. Je les rassure : tout cela n’a plus aucun sens pour moi… et je n’hésiterai plus à dire « non ». Et puis ce mi-temps me permettra d’écrire ce spectacle dansant morbido-comico-érotique, et d’influence vaguement indienne, donc, dont j’ai déjà le titre (je n’ai que cela pour être honnête) : Pissenlit et ses racines.
Une des cardiologues (loin d’être ma préférée) m’a dit l’autre jour : « Alors, vous êtes content de reprendre le travail ? » Il faut vraiment me croire sans imagination pour penser que je me morfonds chez moi… Je lui ai dit simplement « Non, pas vraiment… », et là, j’ai eu droit à une copieuse leçon de morale, du genre « estimez-vous content d’avoir un travail, si vous étiez dans le privé, il y a des gens qui ont été virés suite à leur greffe, blablabla… » Je lui ai simplement répondu qu’elle me voyait désolé pour ces infortunés travailleurs, mais que ce qu’elle me disait ne m’était vraiment d’aucun réconfort.
___
(*) Pour être sincère – et je vous laisse en déduire d’effarantes mais justes conclusions (vous ne rêvez pas) – la bonne syntaxe devrait peut-être être « parce qu’il a la même coupe de cheveux qu’Ahmi… » : on ne contrôle pas ses fantasmes...
17:08 Publié dans Imprévus, Que faire de son temps libre | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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Commentaires
Et c'est qui, Pissenlit ?.....
Écrit par : calystee | 29 novembre 2011
Répondre à ce commentaireEt c'est qui, Pissenlit?.....
Écrit par : calystee | 29 novembre 2011
Répondre à ce commentaireTu as vu, j'insiste!
Écrit par : calystee | 29 novembre 2011
Répondre à ce commentaire> Calystee : Ton intérêt fait plaisir à voir. Je sens que j'ai trouvé là un producteur... Qui est Pissenlit ? J'imagine une trans' d'âge mur, blonde, mais avec des racines (de cheveux) noires...
Écrit par : christophe | 29 novembre 2011
Répondre à ce commentaireAh ! le politiquement correct qui veut que "le travail c'est la santé", que "il faut travailler plus pour gagner plus", que "il faut donner le meilleur de soi dans son taf", et gnagnagna, et gnagnagna...
Pour moi, le boulot arrive en dernier sur la liste de mes priorités. Je tâche de faire de mon mieux, sans plus, sans zèle. Et si je gagnais au Loto (encore faudrait-il que je joue), c'est avec un plaisir infini que je cesserais de travailler pour profiter de chaque minute du reste de ma vie en faisant tout ce que j'aime. Donc, je te comprends.
Écrit par : Jay | 30 novembre 2011
Répondre à ce commentaireJ'ai beaucoup ri en t'imaginant dans ton sari brodé de perles glissant délicatement sur tes pieds nus en agitant les clochettes de tes bracelets de chevilles, et faisant jouer tes longs doigts fins chargés de bijoux...
Méfie-toi, tu vas avoir deux spectacles en production, est-ce bien raisonnable de reprendre le boulot ?
Écrit par : laplumequivole | 30 novembre 2011
Répondre à ce commentaireComme le dit si justement Mme Plume qui vole, tu as parlé à ton employeur de ton projet artistique ? ça les ferait sans doute réfléchir. De mon côté je veux bien réfléchir à des couleurs de saris.
Écrit par : joss | 01 décembre 2011
Répondre à ce commentaireOn peut avoir des détails sur ces rêces STP, merci d'avance...^^
Écrit par : Fayçal | 04 décembre 2011
Répondre à ce commentaire> Jay : Je ne crois pas beaucoup à une quelconque valeur structurante du travail (je n'engage que moi en disant cela). Reste que j'ai une conscience professionnelle véritablement terroriste. Tout l'enjeu va être à présent de me respecter davantage en me répétant inlassablement que les cimetières sont pleins de gens indispensables... Tout comme toi, si j'en avais la possibilité, j'arrêterais immédiatement de travailler pour reprendre mes études et offrir mon temps.
> Laplumequivole : Pour l'instant, je t'autorise à rire, car la métamorphose n'est pas terminée. Mais tu finiras comme les autres : sidérée et admirative. Lol. Pardon - et encore, je ne me drogue pas.
> Joss : Parce que tu imagines qu'il y a un budget culture ?
> Fayçal : Fortunée, mon petit, où vous croyez-vous ? Sur Porntube.txt ?
Écrit par : christophe | 05 décembre 2011
Répondre à ce commentaireCe qui est censé rassurer, c'est que les rêves sont "sentimentaux" aussi, pour compenser, édulcorer, disons, le "érotico-" (qui vient en première position, c'est à noter également). Je t'imagine dans une production bollywoodienne dégoulinante de musique sirupeuse et de danses... L'idée de Plume est bonne, mais on peut te visualiser aussi en Prince hindou mollement vautré sur de moelleux coussins, admirant d'un oeil languide (mais non blasé) les cabrioles d'une nuée d'éphèbes au teint mat comme le crépuscule.
(Oui oui : ceci ne correspond pas à tes phantasmes. Je sais je sais...)
Sinon, l'histoire de la mémoire cellulaire, c'est pas si incongru que ça en a l'air... qui sait....? :)
Écrit par : Lancelot | 05 décembre 2011
Répondre à ce commentairemé euh, enfin moi je dis qu'un billet intitulé : "Mon Kama-sutra en rêve" pourrait plaire à tes lecteurs....("va-y fais pas ton rabat-joie wech!!")
Écrit par : Fayçal | 06 décembre 2011
Répondre à ce commentaire> Lancelot : Pourquoi est-ce censé rassurer ? Ou alors veux-tu dire que c'est moi que je tente de rassurer ?
Merci de préciser que ceci NE correspond PAS à MES fantasmes... :-)
Pour ce qui est de la mémoire cellulaire, je trouve l'idée terriblement romanesque, ce d'autant que ça fonctionne un peu comme la version moderne de la réincarnation... mais "épuisons" déjà tous les possibles de l'épigénétique avant de nous concentrer, en plus, sur la mémoire cellulaire... De qui dois-je boire le sang pour espérer avoir enfin la mémoire des chiffres ? Un volontaire ?
> Fayçal : Vous n'êtes qu'un pervers ! On devrait rétablir les travaux forcés pour des gens comme vous ! Oups ! Je me suis cru sur Yahoo Infos ! Mais oui, je te raconterai ça un jour (dans tes rêves !).
Écrit par : christophe | 12 décembre 2011
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