14 août 2011

Pas de quoi en faire des notes

Il y a, au Centre de rééducation où je continue d’aller trois fois par semaine, un type de plus de soixante-dix ans assez sans gêne, bavard, plutôt grossier, drôle à l’occasion, mais fatigant plus souvent encore. Un ventru en débardeur au fort accent slave. L’autre jour, tout en pédalant, j’ai été pris d’un fou-rire rien qu’à le regarder se comporter comme un rustre avec une jeune et jolie kiné : d’un seul coup, je voyais ce qu’était finalement devenu Stanley Kowalski.

 

 

Ma mère a finalement remarqué, dix ans après, le petit point bleu que j’ai à la base du cou, souvenir de radiothérapie, et elle me demande si les médecins me l’ont fait pendant la transplantation.

 

Qu’est-ce qui lui est passé par la tête ? Avant-hier soir, tout en me raccompagnant, et alors qu’il me questionne sur mes nouvelles contraintes hygiéniques,  J.-G. me dit : « Alors, tu ne dois plus embrasser de clodos ? ». Nous sommes justement interrompus par un jeune homme très alcoolisé, et à la rue je crois (je l’y ai vu en tout cas), qui me prend dans ses bras pour me faire valser, sur les grands boulevards, au son de la musique du danseur de claquettes. C’est un peu plus rare aujourd’hui, mais c’était autrefois systématique : attirer tous les doux dingues. Immanquablement, ils fonçaient sur moi. Je dois dire que j’en tirais – et j’en tire toujours – une certaine fierté. Mon plus beau souvenir en la matière ? Dans un bus, un clochard assis en face de moi m’avait fait signe de m’approcher et m’avait tendrement embrassé sur la joue après que je l’eus renseigné sur sa destination.

 

Scène d’hôpital.

La cardiologue : Alors tout va bien ? (elle consulte l’ordinateur) Ah oui, vous avez fait un petit rejet la semaine dernière…

Moi : Hein ?!

La cardiologue : Oh, pardon, je me suis trompé de dossier.

 

Aujourd’hui, à l’issue de mon déjeuner avec J., j’imagine faire preuve d’une grande honnêteté en annonçant à la serveuse, très « royal » : « Non, prenez 20 euros sur ma carte », croyant ainsi compenser le poids de mon saumon sur la note, alors qu’en fait, suite à un mauvais calcul, je viens ainsi d’économiser 15 euros ! Et si je ne m’en étais pas rendu compte, je me demande si J. aurait osé me le faire remarquer. Notez que je ne lui ai pas rendu les 15 euros pour autant. Un radin honteux et manipulateur ne s’y serait pas pris autrement : je viens de gagner quinze euros et votre indulgence.

 

J’avais de grandes ambitions pour ces semaines d’arrêt maladie : me préparer à reprendre des études, finir l’écriture d’un roman…  Apparemment, personne ne m’a lancé le terrible sort Ana Gavalda (un sort officiellement interdit par le ministère de la Culture, qui permet de pisser de la copie). Et j’ai plutôt tendance  à peigner la girafe. J’exagère un peu (la principale difficulté, transitoire j’espère, étant de l’ordre de la concentration) : je récupère et centralise tous les poèmes et haïkus de Juliette, un de ses amis poètes souhaitant une publication de certains d’entre eux. Qui plus est, je corrige tout de même un peu le roman en question et, par ailleurs, suite aux encouragements de D., j’ai repris l’écriture de La Petite Robe bleue, un monologue burlesque…

 

Je revois avec beaucoup de plaisir la série Seinfeld dont cet extrait vidéo me permet de boucler la boucle de cette note…




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Commentaires

Notre indulgence ? mais pour quelle raison ? ça vous coûtera très cher la prochaine fois, voilà tout...

Écrit par : j. | 17 août 2011

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Pas de quoi faire une note peut-être, mais la scène d'hôpital et l'histoire de clodo embrasseur, quand même, ça ne se passe pas sous silence !

Écrit par : laplumequivole | 18 août 2011

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> J. : On verra ça... ;-) Ok, je t'inviterai dans la brasserie en face, nettement plus chic...
> Laplume : Ah le clodo embrasseur... Pour un grand phobique du contact comme moi en plus...

Écrit par : christophe | 19 août 2011

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