30 octobre 2009
Archangel
Je crois que ce que j'aime le plus chez Maddin (courage, la rétrospective s'arrête dimanche : après, je vous fiche la paix), outre la beauté des images qui se dégage pour partie de ce flou, de ce brouillage (goût qu'il dit avoir hérité de son enfance et des images fantomatiques qui se promenaient sur la télévision souvent enneigée), de sa technique de montage hypnotique, c'est son infinie liberté : lui seul peut raconter ce qu'il raconte : Arkhangelsk est une petite ville de la Russie occidentale pendant la Première Guerre mondiale, non loin du front où s'agitent la noble armée impériale, les soudards allemands et d'hirsutes et sanguinaires bolchéviques. Un soldat est amnésique et revit inlassablement son mariage, sa mémoire déchirée dès les prémisses de la nuit de noces. Sa femme, elle, feint de ne pas le reconnaître, incapable qu'elle est de lui pardonner sa trahison. Et un autre soldat, qui vient de loin, et qui croit reconnaître en elle son Iris bien aimée, morte.
Je ne connais aucun réalisateur qui puisse jouer à ce point avec le feu : le burlesque sans la bouffonnerie, l'hommage sans la flagornerie, la poésie flotte dans les images.
23:41 Publié dans Les films | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : archangel, guy madin



Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://journalextime.hautetfort.com/trackback/2452304
Ecrire un commentaire