04 octobre 2009
Tu n'aimeras point
Je sors triste du cinéma, avec la solitude, la solitude de tous les hommes coulée dans ma gorge, sans avoir pu être distrait par les élaborations théoriques, souvent salutaires pourtant, du Philosophe ; mes mots vides de sens comme grignotés par l'usure, insuffisants pour dire cette chose simple du monde malheureux de la peine qui le dévore. Tu n'aimeras point me laisse bouleversé, au terme d'une histoire sans issue, malgré la tendresse des corps et les gestes sincères qui ne peuvent que s'interrompre sous la pression du groupe, alors qu'il faudrait dévaster le monde entier - ce que l'on ne fait jamais.
Par instant, j'ai pensé à M. et à la fin de notre histoire ravagée - parce que Dieu pardonnera quelques fois mais pas toujours, l'égarement du désir, le plaisir trouvé avec l'autre soi-même, le gâchis de la semence. Le tapis de prière déplié, et moi dans la salle de bain, à mesurer le temps qui reste avant la fin.
Il y a beaucoup de choses que je ne pardonnerai pas au monde.
Combien de bains rituels pour laver les souillures que l'on vous crache au visage, et la honte, qui aussi bien que le temps, s'allie à la solitude et vous jette, avec votre amour et votre désir vissés aux reins, dans les fossés des beaux chemins qui promettaient de conduire à l'horizon.
22:35 Publié dans La boîte noire, Les films, Mes pas dans ceux des errants | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tu n'aimeras point, haim tabakman, m.



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Commentaires
"il faudrait dévaster le monde entier - ce que l'on ne fait jamais"
Ce n'est pas la peur de la mort qui nous retient de "dévaster le monde entier". Preuve en est que nous serions prêts à mourir pour des causes plus viles. Non, nous ne le faisons jamais par peur de la solitude et du renoncement, des regards et des mots. Et même les bras de l'homme le plus fort et le plus tendre ne sauraient faire oublier que la haine est tapie, là, dehors, prête à bondir, ne craignant pas, elle, de dévaster le monde entier. Serions-nous des lâches ? Ou des martyrs ? Des hommes, tout simplement. Placés là par Dieu pour faire taire la haine, mais nous défaillons quand la clameur de celle-ci est plus forte que le silence de celui qui nous envoie. Alors nous nous enfonçons à notre tour dans le silence. Et avec nos voix qui s'éteignent et le message divin qui se perd (car qui mieux que nous connaît le prix de l'amour ?), c'est l'amour qui meurt.
Ecrit par : Julien | 05 octobre 2009
J'ai beaucoup aimé ce film, surtout pour ses silences, que j'ai trouvé bien plus éloquents que tous les dialogues. Ceux présents dans l'histoire, mais aussi tous les autres. L'amour meurt-il du silence ? Je ne crois pas, j'espère que non.
Ecrit par : Lancelot | 06 octobre 2009
Je n'ai pas vu ce film mais un autre qui porte un titre approchant : "Non ma fille tu n'iras pas danser", de Christophe... Honoré.
Grande déception car ennui tout au long de la projection, à cause d'un scénario inconsistant et le jeu des acteurs appuyé comme un pouce sur un tampon-encreur de commissariat de police.
Plus une séquence interminable de danse bretonne dont l'"onirisme" se confond avec le tourisme digne d'un documentaire financé par l'Office du même nom.
Le vôtre (de film) est sans doute plus subtil.
Ecrit par : D. Hasselmann | 06 octobre 2009
> D. Hasselmann : Oui, le manque de finesse au cinéma... pfff !
> Lancelot : Les silences et les regards magnifiques...
> Julien : C'est un très joli commentaire...
Ecrit par : christophe | 11 octobre 2009
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