02 juillet 2008
Des morts-vivants qui ne courent pas vite et de quelques doutes
Hier soir, dernière séance de Diary of the Dead en compagnie de ChapiChapo, de deux autres amis et du Petit Prince (à mes côtés). C'est curieux comme il éveille chez moi des élans protecteurs (je suppose que ce genre de curseur bouge en fonction de l'Autre) : il y a chez lui une fragilité tout à fait charmante (mais peut-être pas tout à fait réelle) qui actualise un phantasme adolescent : porter secours.
Des morts-vivants donc. Quel bel appétit ! Comme dirait ma grand-mère, il vaut mieux les avoir en photo qu'en pension. La question qui me taraude, c'est : qui manger une fois qu'il n'y a plus que des morts-vivants ? Est-ce une allégorie des rapports que l'homme entretient avec la nature ? Est-ce que les morts-vivants mangent les vivants par gourmandise plus que par nécessité ?
Quand j'étais petit, j'aimais beaucoup le Schtroumpf noir parce qu'il me plongeait dans des angoisses délicieuses, en particulier la case où le dernier schtroumpf bleu se faisait mordre.
J'ai vu des films de morts-vivants l'année écoulée jusqu'à l'écoeurement, tant et si bien que celui-ci m'a un peu ennuyé, surtout en regard des critiques dithyrambiques qui ont parfois accompagné sa sortie. Je me dis qu'il n'y a peut-être que trois façons de renouveler le genre : soit en inventant de nouvelles modalités de contamination, soit en variant le contenu de la critique sociale (le principe d'une critique plus ou moins lisible de la société, dans les films de morts-vivants, est à ce point attendue qu'on en trouverait une même chez des réalisateurs a priori hermétiques à la question sociale !), soit en déployant des trésors d'inventivité dans l'horreur (horreur des morsures, horreur de l'élimination des morts-vivants). Peu de scènes marquantes, hormis peut-être la délicieuse scène de famille (maman en train de dévorer goulûment le bras de papa pendant que le petit frère s'acharne sur la grande sœur) et la poursuite en forêt où la pauvre jeune fille vit toutes les difficultés (chaussures à talons aiguilles, chaussure perdue, pied pris dans une racine, chute, etc.) qu'elle moquait quelques scènes auparavant, alors que cette bande de charmants naïfs tournaient un mauvais film de momie...
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Après le film, le Philosophe, le Petit Prince et moi, on a marché ensemble une dizaine de minutes. Encore une émotion adolescente : chacun des instants passés en sa compagnie me plonge dans un ravissement gêné.
Je soupçonne ChapiChapo de se douter de quelque chose : ils ont toujours l'air étonné de le voir débarquer, forcément invité par moi, et parfois (souvent même ces derniers temps), sans le Renard, très sollicité professionnellement.
Le temps est encore suspendu. Son départ à l'automne reste irréel et lorsque j'essaie d'envisager plus nettement cet éloignement, je le fais (pour l'heure) sans tristesse réelle, sans doute parce que, malgré cet élan sincère et spontané du cœur, je pressens un salutaire retour à la normalité. Je ne suis pas certain - loin de là - d'avoir à lui offrir ce qu'il attend (si tant est qu'il attende quelque chose). J'ai par ailleurs beaucoup de sympathie pour le Renard qui m'a confié, le soir de son anniversaire, qu'il craignait pour l'avenir de son couple, activant immédiatement l'essentiel de mon empathie. Enfin, je conserve à O. beaucoup de tendresse malgré l'étrangeté de notre relation.
Une attente presque de son départ, parce que la réalité n'est jamais à la hauteur, parce que je sais qu'au fond, je fais partie de ces gens qui ne reconnaissent jamais le bonheur même lorsqu'il est couché devant eux, trop occupés à le rêver.
23:07 Publié dans Le Petit Prince | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : diary of the dead



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