04 juin 2008
D'un film

J'ai été voir ce soir la projection du moyen-métrage Je vous hais petites filles.
Impossible hébergement par l'Autre de la douleur : l'amant démuni (comment rivaliser avec un mort, à part en disant « je suis vivant » - comme si ça pouvait suffire) ; le public attentif d'un groupe de rock qui chante à ce point des généralités que chacun peut tout donner, tout recevoir sans danger, le temps d'une émotion facile ; le même public qui se détourne - et peut-on le lui reprocher ? - lorsque Kate, à son tour sur scène, hurle, mime la béance.
Un très beau travail de déconstruction du personnage, porté à la limite du psychotique, qui reconstruit malgré elle, par le travail du réalisateur démiurge, une cohérence par l'évocation de sa douleur.
Les premières scènes laissaient entendre qu'au fond il ne reste rien : il y a cette vulve qui peine à s'offrir aux doigts - les siens, ceux d'autrui (ce qui va encore valoir à Yann Gonzalez de se faire taxer de misogyne...), la chaire est triste et solitaire (rien de nouveau sous le soleil), le désir n'est plus que la drèche de son étymologie (renoncement au plaisir, renoncement au don). Crier après le monde, après l'ennui. Et puis non. Demeure le noyau amoché, d'où tout part et où tout revient. La solitude de l'être perdu.
01:05 Publié dans Les films | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : je vous hais petites filles



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